Quelle est votre profession ?

marc-de-nale

Je suis Ingénieur agronome spécialisé dans l’aménagement et la gestion des espaces, diplômé de l’ENSA de l’Institut National de l’Horticulture et du Paysage (Angers, 49). Je travaille depuis près de 15 ans dans le domaine de l’aménagement du territoire, la gestion de tout type d’espaces, autant urbains que ruraux et naturels.

Je suis aujourd’hui responsable du département « Gestion écologique des territoires » au sein d’ECOCERT où je pilote une équipe d’ingénieurs et d’auditeurs travaillant sur les labels et certifications dans le domaine de l’aménagement et la gestion écologiques des espaces. L’approche écologique dans ces domaines étant récente, les défis à relever sont nombreux.

Société pour laquelle vous exercez actuellement ?

ECOCERT Environnement.

Comment êtes-vous arrivé à travailler sur des sujets liés aux problématiques environnementales ?

J’avais un grand-père viticulteur qui n’utilisait que très peu de produits de traitement pour ses vignes. En grandissant à la campagne, le respect de son environnement prend un sens particulier, mais n’est pas nécessairement gagné d’avance. On en vient à se poser des questions sur les parcelles agricoles, puis ce qui est autour, puis le lien avec les autres activités humaines… Ce sont autant de questions auxquelles je souhaitais avoir des réponses, d’où mon souhait de réfléchir sur des problématiques en lien avec l’aménagement et la gestion écologiques des espaces et la biodiversité qui les compose.

J’ai ensuite eu la chance de travailler dans plusieurs pays sur différents continents (Europe, Nouvelle-Zélande, Canada…), ce qui m’a permis de prendre conscience de l’urgence de préserver cette diversité exceptionnelle dont nous avons hérité. Nos ressources et notre planète sont mises à mal justement par un aménagement et une gestion anarchiques des espaces que l’on utilise, exploite, habite…

Citez-nous quelques dates/projets  important(e)s dans votre parcours professionnel ?

En 2002, j’ai travaillé sur un projet d’aménagement d’un éco-quartier au Québec, au sein d’une équipe pluridisciplinaire, pendant environ 6 mois. Il était commandité par une fondation d’entreprise pour loger ses salariés. Le cahier des charges était la conception d’un quartier aménagé sur le versant d’un ruisseau, à protéger, occupé par un morceau de la légendaire forêt québécoise. L’intégration paysagère et environnementale était le maître mot du projet. Cette expérience m’a permis d’appréhender une approche différente de l’aménagement que celle que l’on peut avoir en France ou en Europe.

De 2004 à 2008, j’ai travaillé en étroite collaboration avec une cave coopérative qui souhaitait réaménager son vignoble dans le respect du paysage et de l’écologie du site, dans une optique de gestion durable. J’ai travaillé sur la majeure partie de cette opération, des études foncières jusqu’aux travaux de plantation, en passant par la rédaction d’une charte paysagère.

En parallèle, de 2004 à 2009, j’ai réalisé des missions d’études technico-économiques des filières horticoles et du paysage dans différents pays d’Europe pour le compte du Ministère de l’Agriculture. Au-delà des connaissances et de l’expertise acquises, ces missions ont été l’occasion d’expériences humaines formidables et de rencontres de personnes passionnées et motivées par la prise en compte de l’environnement dans leurs métiers.

En 2010, je suis entré à ECOCERT pour une aventure encore différente…

Environnement : vos craintes et vos espoirs ?

Mes craintes reposent surtout sur une prise de conscience trop tardive de l’urgence de la protection de notre planète et sur des actions s’affichant comme étant respectueuses de l’environnement mais n’étant au final que du « greenwashing »…

Mes espoirs sont basés sur nos enfants, qui, je l’espère, feront bien mieux que nous…

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui souhaitent s’investir dans la protection de l’environnement ?

Il me semble capital de ne pas s’investir pour la protection de l’environnement avec une vision uniquement économique, rechercher un profit ou un pouvoir avec des actions à court terme, mais plutôt par conviction réelle et par sensibilité, même si cela semble trivial. Il est fondamental d’allier les deux, avec une dimension sociale forte, le tout dans une vraie logique de développement durable.

Pouvez-vous nous citer quelques sites internet intéressants en lien avec votre sujet ?

Il existe de nombreux sites Internet traitant du sujet de la biodiversité ; malheureusement, parmi ses sites, il en existe un certain nombre qui ne sont fiables.

Sur le sujet de la biodiversité, je recommande le site de la Convention sur la diversité biologique ; http://www.cbd.int/. Cette convention signée en 1992 est un traité international avec trois buts principaux : la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.

Retrouvez l’article de Marc De Nale

La biodiversité ordinaire : pourquoi et comment ?