Quelle est votre profession/fonction ?
Anne_Lafourcade

J’ai créé ma propre activité de conseil il y a 4 ans. J’apporte mon expertise de spécialiste indépendant des labels écologiques, aux PME éco-innovantes souhaitant se poser les bonnes questions sur leur stratégie de développement durable, afin de mettre en place un discours crédible et pondéré, porteur de maturité et d’authenticité pour leur entreprise.

J’interviens également auprès d’associations et structures environnementales à la recherche d’experts du domaine pour compléter leurs équipes projet. Dans ce cadre, j’ai la chance d’intégrer fréquemment l’équipe de consultants d’Ecocert Expert Consulting.

Société, établissement, organisme pour lequel vous exercez actuellement?

Je structure actuellement mon bureau de conseil « label & labels » au sein de l’association des Pionnières, qui accompagne les femmes créatrices d’entreprise. Installée dans un lieu unique (l’écosystème Darwin à Bordeaux), l’association me permet de faire de nombreuses rencontres et de créer des synergies avec d’autres créateurs d’entreprises notamment dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Comment êtes-vous arrivé à travailler sur des sujets liés aux problématiques environnementales ?

Après mes études d’ingénieur chimiste, j’ai été ravie de participer, au sein d’un laboratoire prestigieux, à la création de nouveaux produits innovants pour l’industrie cosmétique. Cependant, très vite je me suis posé des questions sur l’impact de ce type de produits sur l’Homme et son environnement et sur nos modes de consommations frénétiques. La maîtrise des effets liés à la présence de substances pétrochimiques dans notre quotidien (emballages, peintures, cosmétiques, alimentation, détergents, jouets…) m’est alors apparu comme un sujet crucial auquel j’ai souhaité contribuer professionnellement.

Citez-nous quelques dates/projets  important(e)s dans votre parcours professionnel ?

2007 : Après 8 ans dans l’industrie cosmétique, j’intègre Ecocert pour contribuer au développement, en plein essor à l’époque, de la certification des cosmétiques bio. J’y découvre ce que peut être l’engagement d’une entreprise au service de l’environnement.

2012 : J’accompagne l’équipe Ecocert sur un projet de label pour valoriser les cantines ayant recours à des produits bio & locaux, plus sains, plus responsables. Ce fut une occasion en or pour rencontrer, au cœur des villages français, des gestionnaires, des cuisiniers et des élus qui ont vraiment envie de faire bouger les choses. Un grand bol d’air qui contrastait avec la sinistrose des actualités environnementales.

Environnement : vos craintes et vos espoirs ?

Ma plus grande crainte est l’incapacité de l’Etre Humain à réagir à titre préventif avant d’être au pied du mur. Même les scandales sanitaires ont du mal à faire changer nos habitudes. Cependant je crois beaucoup en  l’émergence d’une économie collaborative qui révolutionnera  notre quotidien.

Relayées par la puissance de l’outil numérique, des entreprises ou associations (le Bon coin, AirbnB, la ruche qui dit oui…) bouleversent déjà nos modes de consommation vers (je l’espère en tout cas !) une économie plus circulaire.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui souhaitent s’investir dans la protection de l’environnement ?

N’essayer pas d’être parfait, n’y d’être sur tous les fronts : « le mieux est parfois l’ennemi du bien ». Pour ma part je préfère suivre la doctrine des Colibris, le mouvement crée par Pierre Rabhi, qui conseille à chacun de faire « sa part » pour créer une société meilleure.

Pouvez-vous nous citer quelques sites internet intéressants en lien avec votre sujet ?

En ce qui concerne la consommation responsable et les labels écologiques, je conseille de lire les guides pratiques de l’ADEME : http://ecocitoyens.ademe.fr/

Et pour faire une veille environnementale efficace sans y passer la semaine, je vous conseille de prendre connaissance du travail d’Efficycle, une jeune entreprise toulousaine qui fait un travail de « scruteur d’informations durables » remarquable.

Retrouvez l’article d’Anne Lafourcade

Une nouvelle donne dans la jungle des promesses environnementales ?